Ayant vu (et entendu) nombre de gens se plaindre de cette «nouvelle» fête d’Halloween, qui «empoisonnerait» l’esprit des enfants et jouerait le jeu d’une promotion «maléfique», l’anthropologue que je suis se demande combien connaissent les véritables origines de cette fête…
Les peuples Celtes, à travers l’Europe, célébraient Samhain en automne, qui correspondait aux dernières moissons et à l’arrivée de la saison froide. Nos ancêtres croyaient qu’à ce moment, les esprits des morts étaient présents parmi les vivants, et ses derniers se grimaient afin que les morts ne les remmènent pas avec eux dans leur royaume. Il s’agissait d’un festival joyeux, commémorant les esprits des proches ayant quitté cette terre.
Les chrétiens souhaitant «adapter» le calendrier des fêtes païennes, le 1er novembre fut instauré comme la «fête des morts», mais la tradition Celte perdura, notamment dans les îles Britanniques, sous le nom de
«All Hallow’s Eve» (traduction «la veille de la Toussaint»). Au cours des migrations de nombreux peuples (Irlandais, Ecossais, Gaéliques) en Amérique, terre où chacun était libre de pratiquer sa religion et ses traditions, celle de «All Hallow’s Eve» fut réadopté et, effectivement, «mondialisée» en Halloween… Et redistribuée à travers le monde.
Finalement, il s’agit là, tout comme la Toussaint, de célébrer dans la joie et les festivités ceux qui nous sont chers et qui nous ont quittés, tout comme le font des centaines d’autres peuples avec d’autres traditions (jours des morts au Mexique par exemple).
Voilà pourquoi, quand je vois des enfants et des adultes se réapproprier «Samhain», célébrer la Toussaint avec leurs proches, ou tout autre tradition, je suis ravie de voir à quel point la diversité de nos cultures humaines perdure à travers les siècles.
Abegg Claudine