Même s’il essayait de le bloquer, le compteur continuait d’avancer, cran par cran. Jusqu’à ce que, un beau jour, comme pour tout un chacun, l’aiguille cambe la frontière des dizaines. En une fraction de seconde, à la dizaine s’ajoute une dizaine et de sexa on grimpe sur l’échelon des septuas. Pierre-Mi, tu l’as franchi, ce cap. Tu le redoutais (un peu), essayais de le repousser (hé! non), de l’ignorer (comme tout le monde). Finalement, fataliste devant cette réalité de la vie, tu l’as accepté… et magistralement fêté. Comme pour démystifier cette étape de la vie, exorciser le temps qui passe, banaliser l’âge, tu as un tantinet différé la date de ton anniversaire (en juin) pour organiser une fête champêtre. C’était le 1er septembre, là-haut sur la montagne, au chalet du Pré d’Aubonne.
Les jours précédant les réjouissances, tu troquais ta casquette – je devrais dire chapeau – de berger contre celle de putzfrau afin de faire reluire ton chalet et de le convertir en cantine. Et le jour J,
la fregatse (repas joyeux, en langage combier), pour laquelle la septantaine d’invités et amis avaient répondu présent. A l’apéro (joyeusement égayé par un accordéoniste) a succédé un repas de derrière les fagots mitonné par l’équipe de cuisine de Chez Lily (café-restaurant au Brassus). Un gratin au fromage et un rôti de porc, généreusement servi, à faire pâlir un chef étoilé. Des gâteaux et autres pâtisseries maison avec un goût de reviens-y, deux ou trois chantées et quelques notes de «schwitzerörgeli» mettaient un terme à ce gueuleton à marquer d’une pierre blanche.
Avant que de clore ce billet, je me fais ton porte-parole, Pierre-Michel, pour dire combien tu remercies Myriam, ton épouse, qui t’épaule au quotidien et a œuvré pour la réussite de cette fête. Au nom de tous les invités, merci Pierre-Mi. Y’a pas à dire, tu es un As (de Trèfle… et de cœur aussi). A la prochaine rioule.
jfa