L’école de musique de la Vallée de Joux (EMVJ) prépare un grand projet pour son 50e anniversaire : Abracada-Trac, un spectacle entièrement composé, écrit, et mis en scène pour ses élèves.
A un mois du spectacle et après les vacances estivales, les répétitions se poursuivent par petits groupes à l’école de musique, avant le début du travail « sur scène » tout bientôt !
La librettiste Marie-France Baechler, également professeur de chant à l’EMVJ, a écrit tout le texte du spectacle. Le flûtiste David Cusin, co-dirigera le spectacle. Ils se sont prêtés au jeu des questions !
Marie-France Baechler, quel a été votre processus de création ? Avant de commencer à écrire, je suis allée marcher dans la région pour trouver un leitmotiv : ce sera « le Trac » ! Puis j’ai choisi des lieux où le personnage principal passerait, puis des raisons d’y aller. J’ai appris à connaître des légendes de la Vallée de Joux et m’en suis inspirée pour l’histoire.
David Cusin, quel est votre travail de directeur ? Je préfère le terme anglo-saxon de « conductor», celui qui guide, indique le chemin, à celui de directeur. Au-delà de la sémantique, il s’agit de travailler, analyser les partitions, trouver les clés pour chaque pièce qui permettent en répétition un maximum d’efficacité dans le travail.
Quelle est la plus grande difficulté dans ce projet ? D.C : la plus grande difficulté consiste à agglomérer des musiciens dont le parcours, le style de musique étudié, les compétences acquises sont très hétérogènes. Il s’agit également de créer une atmosphère de travail sereine où tous les participants puissent se sentir à l’aise, le bon équilibre entre l’exigence nécessaire à la réalisation d’un tel projet et la bienveillance, l’humour si possible pour une ambiance de travail féconde.
M-F.B : La plus grande difficulté est la page blanche du début, et le fait de ne pas connaître le nombre de participants. Devoir ensuite ré-écrire des passages en fonction de la scène et de l’âge des participants : on ne peut pas faire dire n’importe quoi aux enfants, même dans une fiction.
Quel est votre plus grand plaisir dans ce projet ?
D.C construire un projet, dès le début de la réception de la musique, le voir évoluer jusqu’au but ultime, la représentation publique. Les rencontres avec la compositrice, la metteuse en scène, les échanges…
Mais le plus gratifiant, je crois, est d’avoir su intégrer grâce à l’écriture sur-mesure de Josephine Maillefer les plus jeunes et inexpérimentés d’entre nos élèves et de leur offrir ainsi une expérience musicale et humaine qui restera gravée pour la vie.
M-F.B Plonger dans une histoire est chronophage dans le bon sens du terme : je ne vois pas le temps passer lorsque j’écris. L’histoire est présente dans ma tête jusqu’à ce qu’elle soit couchée sur le papier. Mais le plus merveilleux c’est d’entendre mes textes mis en musique et de découvrir le jeu des comédiens et comédiennes.
Et si c’était à refaire ? Oui ! sans l’ombre d’une hésitation, malgré le stress, le travail considérable et les doutes parfois, un projet tel qu’Abracada Trac, c’est l’essence même de la musique, connecter les êtres, créer des passerelles, vivre des émotions partagées.
Dans l’édition de la semaine prochaine, les deux autres créatrices du spectacle vous seront présentées ici, avant de nous intéresser aux interprètes de tous âges et tous niveaux qui fouleront la scène du Casino du Brassus les 4-5-6 octobre prochains !
Ecole de Musique de la Vallée de Joux