L’arrogance et les certitudes des pro-fusion seraient-elles à ce point écornées qu’ils aient recours à l’envoi de courriers ciblés pour tenter de convaincre les «chères Combières, chers Combiers» indécis des bienfaits d’une seule commune? On pourrait le croire. Pour preuve, une copie de cette lettre, paraphée par le comité du «Oui à la Vallée de Joux», m’est tombée entre les mains et sa lecture m’a un rien ébaubi, épouéré même. La banalité de l’argumentaire, l’absence de formules choc, autrement l’insipidité du contenu de cette missive fait davantage penser au catalogue Védia avec ses descriptifs dithyrambiques ou à un tout-ménage ventant les vertus de la pommade X, de la crème Y ou des gélules Z. Vertus, bien évidemment, auxquelles personne ne croit… hormis les gogos qui se laissent appâter par l’apparente bonne affaire. A l’instar de ce courrier qui se veut apologique, mais se révèle aussi plat qu’une blague éculée… tout en faisant du plat. En tout cas, pas de quoi enflammer le récipiendaire de ce message – un vrai Combier perplexe – jusqu’à l’inciter à cocher un «pour» le 22 septembre prochain.
Plutôt que s’égarer dans un texte fade, inconsistant et totalement dépourvu d’enthousiasme, de dynamisme, les auteurs auraient dû être plus directs en affichant clairement leur intention: récolter des fonds pour soutenir leur campagne. Mais non! Reléguée en fin de page, la demande de soutien. Un appel au don minorisé, alors qu’il s’agit d’un objectif tout à fait louable pour la bonne marche d’une campagne. La franchise et la spontanéité n’ont-t-elles pas davantage d’impact qu’un discours exhumé d’un classeur empoussiéré? Etrange façon de faire pour une équipe qui se veut détentrice de la vérité. A se demander si les auteurs de ce texte croient encore à l’unification. Et si le ciel nous tombe sur la tête le 22 septembre (fusion acceptée), cela laisse présager d’un avenir aussi mou, d’une commune aussi molle que le texte de ce courrier du quatuor signataire. Et les cicatrices que laissera la destruction des trois communes au profit d’un seul gros paquebot, lourd à la manœuvre, seront visibles pendant des années. Et douloureuses, sachant qu’un retour en arrière sera impossible (revenir à trois communes), la décision étant irrévocable. Ces meurtrissures rappelleront à tous, mais un peu tard, que le jeu n’en valait pas la chandelle et que l’union administrative ne signifie pas toujours l’unité des cœurs.
Pour un futur harmonieux, une région solide, un développement sensé et un art de vivre enviable, une seule issue: voter NON à la convention de fusion et laisser longue vie à nos trois communes.
Pour les 3 communes
Jean-François Aubert
Vrai Combier
www.pour les3communes.ch