L’année 2023 restera marquée par une intensification des conflits armés avec l’enlisement des combats en Ukraine et l’apparition du conflit israélo-palestinien. Nous étions prévenus que la guerre en Ukraine aurait un prix qui se traduirait notamment par une baisse de la croissance mondiale, ce fut le cas puisque cette dernière n’a été estimée qu’à 3.1 %.
Les conflits armés ne sont pas seuls responsables. L’inflation qui a sévi durant la première partie de l’année a forcé les banques centrales à relever leurs taux directeurs. Cela a eu pour conséquences d’augmenter les coûts hypothécaires et de diminuer les possibilités d’investissements pour les entreprises et le secteur de l’immobilier. L’inflation moyenne en Suisse a été de 2.14 % et de 6.8 % au niveau mondial.
A l’automne, la BNS a toutefois décidé de maintenir son taux directeur à
1.75 %, ce qui reflète une approche prudente et mesurée face à une conjoncture économique incertaine. Cette décision, particulièrement importante pour le CMV, influence directement les taux d’intérêt appliqués sur nos crédits.
Au niveau national, nous ne pouvons passer sous silence le séisme qui a bouleversé le monde bancaire et les marchés financiers: la déconfiture du Crédit Suisse racheté par son rival UBS. Malgré cela, la Suisse a démontré une fois de plus la stabilité et la confiance que l’on peut accorder à son marché domestique.
Dans ce contexte de morosité ambiante, nous devons toutefois saluer la remarquable résilience de l’économie américaine qui a défié toutes les prévisions et contribué à la stabilité des marchés mondiaux.
Finalement, plus proche de chez nous, l’économie horlogère contraste avec cette croissance économique atone puisqu’elle bat un nouveau record avec une hausse de 7.6 % de ses exportations qui se sont élevées à
27.6 milliards. Pour notre petite Vallée, nous ne pouvons que nous réjouir de ces chiffres quand bien même l’avenir reste incertain.
Bilan
L’évolution de la taille de notre bilan qui demeure stable à kCHF 224’299 (contre kCHF 224’409 en 2022), ne reflète pas pleinement la progression des crédits hypothécaires octroyés durant l’exercice qui passe de
kCHF 168’356 à kCHF 173’356 soit en augmentation de l’ordre de 3 %. Cette dernière est, compte tenu d’un marché concurrentiel et relativement limité en matière d’expansion, en adéquation avec nos attentes. Une croissance plus soutenue passera sans doute par une extension géographique du territoire sur lequel nous sommes actifs aujourd’hui.
Le taux de refinancement des avances à la clientèle, par les avoirs à la clientèle, s’est quant à lui réduit de 5.5 %, conséquence d’une part de la croissance de l’activité commerciale (augmentation des créances hypothécaires et à la clientèle) mais également d’autre part d’une réduction relativement conséquente des dépôts de la clientèle.
Bien qu’en baisse, le niveau des liquidités (kCHF 33’492 au 31.12.2023) demeure à un niveau élevé ce qui est un gage de sécurité pour notre établissement et ses actionnaires. A cet égard, le ratio LCR (Liquidity Coverage Ratio) de 265.28 % couvre largement le minimal requis par la FINMA.
Notre politique de souscrire des emprunts auprès de la Banque des Lettres de gage (+ kCHF 4’000) a été maintenue en 2023, ceci afin de permettre le développement de nos affaires tout en optimisant la structure de notre refinancement.
Finalement, il convient de relever que nos fonds propres continuent de se renforcer (kCHF 22’395 en 2023 contre kCHF 21’592 en 2022) et qu’ils sont 19,06 % au-dessus des exigences minimales.
Compte de résultat
Nous constatons une augmentation réjouissante de la marge brute d’intérêts. Cette croissance, qui s’inscrit dans un contexte bancaire où les taux d’intérêts sont à la hausse, nous a permis de réaliser un résultat net des opérations d’intérêts de kCHF 3’293 contre
kCHF 2’977 l’exercice précèdent.
Le fait que la BNS rémunère dorénavant les excédents de liquidités placés chez elle a contribué d’une manière significative à la croissance des revenus d’intérêts qui ont passé de kCHF 3’019 en 2022 à kCHF 3’887 en 2023.
Par contre la hausse des taux et les crédits complémentaires contractés auprès de la Banque des Lettres de gage nous ont pénalisés.
La hausse des coûts informatiques n’est pas étrangère à l’augmentation globale des autres charges d’exploitation. La maîtrise de ce poste constitue un défi permanent pour un établissement de notre taille.
En conséquence de ce qui précède, le bénéfice de l’exercice se monte à kCHF 558 contre kCHF 506 en 2022. Il sera proposé à l’assemblée générale un dividende de 16 % identique
à l’année précédente.
Perspectives
La banque mondiale nous prédit une croissance mondiale en baisse pour la troisième année consécutive, ce qui devrait nous permettre de battre un bien triste record, à savoir celui de la plus faible performance sur 5 ans depuis 30 ans.
En sus, le conflit à Gaza susceptible de s’étendre géographiquement vient encore assombrir le tableau. Il pourrait impacter le prix des exportations de pétrole et de gaz puisque la région fournit une part conséquente des exportations mondiales.
Dans ce climat morose, nos regards et interrogations se focaliseront sur les Etats-Unis et leur capacité, en tant que première économie mondiale, à soutenir cette dernière.
L’économie suisse aura quant à elle à faire face à des enjeux cruciaux que sont la question de l’énergie et les relations avec l’Union européenne.
Last but not least, beaucoup sont d’avis que nous nous acheminons vers la fin de l’euphorie pour le marché horloger.
Dans ce contexte général nous pouvons donc être très heureux de la très bonne santé de notre établissement régional.
Charles Fontannaz
Président du Conseil d’administration