
Le Messager boiteux de 2021 donnait en ses pages 142 à 146, deux écrits de notre Dame du Lieu, Julie Meylan. Le premier était un conte intitulé « Le dernier mot de tante Philiberte ». Le deuxième s’intitulait « Un vieil ami ». Il s’agissait ici d’une description de notre almanach, fidèle compagnon des familles vaudoises et même romandes depuis des siècles.
Le même Messager, en cette année covid, troisième du nom, nous offre cette fois-ci un texte d’Edouard Rod, écrivain vaudois né en 1857, décédé en 1910, bien connu en son temps comme auteur populaire et prolifique. Le titre de ce récit : Un coupable, nouvelle extraite de Nouvelles romandes datées de 1890.
Or, ce qu’on sait moins, c’est que cet auteur est à moitié combier. En effet il est fils de Jean Louis Rod, né en 1821, en son temps instituteur au Brassus, lequel avait marié Zélie Elisée Piguet née en 1822, fille de Abram Elisée Piguet, darbyste.
Un coupable est une intrigue sans doute basée sur un fait réel mais que l’auteur adapte à sa sauce. Elle se passe au village du Pont. Le personnage principal est un syndic nommé
M. Arnaud. Ce nom fait un peu sourire, vu que Le Pont, peuplé essentiellement de Rochat, ne pouvait d’aucune manière avoir à l’époque un syndic qui n’eut pas été originaire au moins de la Vallée de Joux, et qui plus est, n’eut pas porté le nom de Rochat. Donc nous voilà avec un premier travestissement. Quant au fait que le dit syndic rabâchera jusqu’à sa mort l’assassinat dont il serait l’auteur du père Mathurin, brave colporteur français, il serait bon de vérifier si un tel événement eut effectivement lieu en ce milieu de XIXe siècle du côté du Pont.
Nous voilà donc avec un pauvre syndic rongé par les remords qu’il noie dans l’alcool dans un bistrot qui ne saurait être autre que l’Hôtel de la Truite.
L’affaire ce serait passée en 1855, soit deux ans avant la naissance de l’auteur.
L’intérêt de cette nouvelle réside sans doute plus dans la description, un peu sommaire il est vrai, de notre région et de la mentalité des gens du coin, que dans la narration de ce fait dramatique. C’est là un temps où nos Combiers n’ont pour tout moyen de transport public qu’une vieille diligence qui joint Romainmôtier au Sentier, laquelle est empruntée à diverses reprises par le narrateur qui avait quelque affaire à régler du côté de notre capitale.
Cette nouvelle avait déjà retenu l’attention des Editions le Pèlerin qui la proposèrent en 1991 dans la collection « Jadis ». Epuisée nous vous recommandons donc de la découvrir dans la publication 2022 de votre almanach favori où vous trouverez en plus quantité d’informations diverses sur la marche de notre pauvre monde! Bonne lecture.
Patrimoine de la Vallée de Joux
