La pandémie a révélé un problème préexistant : nous manquons de personnel soignant et particulièrement d’infirmières et d’infirmiers (plus de 11’000 postes vacants en Suisse). Le vieillissement de la population va encore accentuer cette problématique. De ce fait, l’aboutissement de l’initiative pour des soins infirmiers forts arrive à point nommé.
Le Conseil Fédéral et la droite ont décidé de proposer un contre-projet à cette initiative. Ce contre-projet ne propose cependant qu’une enveloppe pour augmenter la capacité de formation des Cantons dans le domaine des soins infirmiers et ne répond donc que partiellement aux demandes formulées dans l’initiative.
Si la formation est en effet un des éléments de la problématique, ce n’est de loin pas le seul. Lorsque l’on constate qu’environ 40% des infirmiers et infirmières arrêtent leur carrière prématurément, dont ⅓ avant
35 ans, cela signifie qu’il y a un problème profond.
En proposant d’augmenter les capacités de formation, sans lutter contre les causes de la réorientation de carrière au sein de cette profession, le Conseil Fédéral et les opposants à l’initiative manquent la cible.
Pour réduire le taux de reconversion au sein du personnel infirmier, il est nécessaire d’améliorer les conditions de travail. Malheureusement, aujourd’hui, les établissements hospitaliers et les différentes structures de soins n’en ont pas la capacité. Pourquoi ? Parce que la tarification des soins (le montant perçu en contrepartie d’un acte médical précis) ne le permet pas.
Le seul moyen qui permettrait d’améliorer les conditions de travail et ainsi de conserver les jeunes diplômées et diplômés dans la profession, serait de modifier la tarification des soins. La modification de cette tarification est prévue dans l’initiative mais pas dans le contre-projet. Autant dire que si l’on souhaite concrètement renforcer notre système de santé pour qu’il soit prêt à faire face aux défis futurs, il faut soutenir l’initiative.
Le personnel soignant est une composante essentielle de notre système de santé. Pour en assurer la pérennité et maintenir la qualité des soins, il est primordial d’investir au niveau de la formation mais aussi d’améliorer les conditions de travail de celles et ceux qui nous soignent.
C’est pourquoi, au nom du PS Vallée de Joux, je vous encourage à soutenir l’initiative pour des soins infirmiers forts !
Sébastien Cala
Député