Fin janvier début février, une petite troupe de «Lapons» (skieurs de fond combiers émérites) s’est rendue à Gap, au sud de la région très montagneuse des Hautes Alpes. Contrée d’ailleurs propice aux agapes… Une destination choisie des plus démocratiquement, sous le patronage de notre guide Louis Damevin, et de notre fidèle cheville ouvrière Gilbert Goy.
Après une courte fausse piste, Pierre, notre chauffeur, attaque depuis Grenoble la route Napoléon. Après la Mure, ancienne cité minière, sympathique accueil au Mascaret, où les bavettes, les frites et le «Côte du Rhône» sont un parfait remontant… Temps splendide 6 jours sur 7!
Nous logions à «Mon hôtel à Gap» un agréable garni où le petit déjeuner fut chaque matin varié, copieux et excellent, même si Roger avait oublié d’amener son traditionnel tube de Cenovis!
Découverte pédestre de la cité gapençaise, aux jolies rues pavées semi-piétonnes, bordées de nombreuses boutiques, alors que les allées plus roulantes sont encadrées de hauts platanes. Détour par la vaste cathédrale, dont le clocher était entouré d’imposants échafaudages. Du lundi au vendredi soir, nous avons fort bien mangé à «La Petite Marmite», à deux pas de notre logis. Quatre joueurs de cartes, plus ou moins concentrés, ont failli être harcelés, au milieu de la semaine, par une petite dame pourtant étroitement chaperonnée, et qui devait être passablement sur Soleure! Le dernier soir, le noyau chantant du groupe entonna quelques rengaines de circonstance pour animer quelque peu l’endroit…
Côté purement sportif, quelques détails pour ceux qui auraient un jour l’envie de tester les très jolis sites nordiques expérimentés: Lundi fut la plus grosse expédition, nous sommes partis du col du Festre pour gagner la Joue du Loup (1450 m) et grimper au Collet du Tat (1750 m), puis descendre vers SuperDévoluy (1550 m) et ses longs immeubles non rectilignes d’une douzaine d’étages… Un ami de Louis (Loulou) jeune retraité ardéchois, se joignit à nous durant tout le jour; il nous parla avec une infinie douceur du beau pays que nous explorions. Il ne cessait de s’extasier, en moniteur connaisseur, de l’homogénéité de notre groupe… Cet aimable sexagénaire, alors que nous absorbions des pâtes sous un éclatant soleil, nous offrit généreusement le vin rouge, qui se transforma au final en vin de dessert, vu la rapidité du service! Le retour s’opéra vers 15h30 et la fin de l’après-midi vit arriver un contingent assoiffé au col du Festre, où les panachés firent un tabac, après une trentaine de km dans les gambettes…
Mardi, direction Réallon, au-
dessus du lac de Serre-Ponçon. A peine partis, un petit arrêt permet à un coutumier du fait de procéder à une discrète mais épineuse fumure du sol, le long de la route de Briançon… Grimpée tout en douceur le long d’un vallon, un peu de chaise longue au centre nordique, puis poursuite jusqu’au pittoresque hameau des Gourmiers, où une excellente table, au Mélézin, nous tenta avec… des fruits de mer!
Retour par la station, d’allure familiale, de Réallon, formée de jolis chalets aux toits pointus en tôle, aux pignons boisés et aux sous-bassements pierreux.
Mercredi, nous nous enfonçons dans le parc naturel des Ecrins. Facile grimpée à Champoléon-les-Borels, depuis le Pont du Fossé. Arrêt désaltérant, descente rapide et montée en bus à Prapic, à 1550 m, village typique blotti entre des sommets avoisinant 3000 m, où les gens, il y a encore une septentaine d’années, vivaient en autarcie durant l’hiver. Les rues, très pentues, sont heureusement gravillonnées. Quelques chiens viennent humer le pique-nique que nous avions sauté la veille, profitant du dernier soleil vers 14h… Dédé, qui sait parler à l’oreille des canidés, évite tout risque pour l’intégrité de nos mollets. Départ en bus à Orcières, où nous quittons un bruyant karting pour glisser à belle vitesse jusqu’au Pont du Fossé, où nous retrouvons notre mini-bus. Retour à une heure, descente à Gap, où l’apéro nous attend, dans la chambre du chauffeur…
Jeudi neigeux… La barrière du temps n’est pas un obstacle pour le bus des Lapons, qui franchit allègrement les pentes piégeuses (12%) du col Bayard. Entre 1250 et 1300 m, nous damons une piste, d’une douce colline boisée à une autre… Dernier pique-nique de la semaine dans une vaste salle chauffée. Même petit tour l’après-midi sur des traces refaites, avec parcimonie… A noter qu’il faut compter 10 euros par tête de pipe, avec un système très lent d’enregistrement et de paiement par cartes électroniques! On est loin de la simplicité et de la souplesse de la caisse des Amburnex…
Vendredi, froid plus vif, nous retournons dans le Dévoluy, où le bus prend ses quartiers à la Joux du Loup. Après une belle balade sur le plateau vallonné, un
émincé géant de poulet calme nos estomacs… Un bus navette nous conduit ensuite à SuperDévoluy, d’où nous rentrons lestement, en pays connu, par le collet du Tat.
Après une petite centaine de km dans les pattes, un bleu dans les côtes pour l’un et une douleur à l’épaule pour l’autre, ce sont des Lapons comblés qui quittent Gap, et Louis, le samedi à 9h30 précises! Nous rallions Grenoble par la route vallonnée et tournante, chère à l’empereur et à notre conducteur… Un parcours futé permet de nous extirper d’un gros bouchon après Vizille, et nous prenons un dernier -et fort bon- repas au «House Station» de Brignoud. Nous retraversons l’Isère afin d’emprunter l’autoroute pour Genève, via Chambéry. En résumé, plaisante semaine où l’entraide, l’amitié et la bonne humeur, avec le doux mélange de l’accent provençal et combier, furent pour tous un bon moment d’évasion, qui rima parfois, bien évidemment, avec une saine transpiration…
Herbé